Alexandre Jardin réagit aux propositions du collectif #entreprendre2017

Alexandre Jardin, candidat à la Présidentielle 2017, a accepté de réagir aux propositions portées par le collectif #entreprendre2017 à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui s’est tenu les 1er et 2 février 2017 à Paris.

Retranscription de l’interview

Thibault LANXADE : Alexandre JARDIN, bonjour. Je suis Thibault LANXADE, vice-président du MEDEF en charge des TPE et des PME. Le MEDEF s’est associé à un collectif, le collectif #entreprendre 2017 qui a porté 9 mesures sur la dynamique entrepreneuriale. La dynamique entrepreneuriale c’est la cohésion sociale, c’est la croissance et c’est bien évidemment l’emploi. L’idée, c’est de vous entendre sur ces 9 mesures et de voir celles qui retiennent votre attention et surtout de savoir si vous les intégrez toutes.

Alexandre JARDIN :  On va les prendre dans l’ordre. Lorsque vous dîtes « Proposition n°1 : donner tout au long de son cursus à chaque élève, étudiant, apprenti ou enseignant une éducation à la démarche entrepreneuriale et expérimentale », c’est du minimum. C’est juste du minimum. Sauf que…

Thibault LANXADE : C’est pas fait aujourd’hui !

Alexandre JARDIN : Et pourquoi c’est pas fait aujourd’hui ? Notamment, je conteste votre méthode. Parce qu’à la fin, vous dites « Détail du dispositif », vous proposez un texte de loi. Je ne crois pas que les textes de loi fabriquent de l’énergie. D’abord en France il faut 3 ans entre le début d’une discussion devant l’Assemblée nationale et la sortie d’un décret. Donc, je ne veux pas attendre 3 ans. Pour moi la grande question, c’est comment on peut l’atteindre ? C’est pour cela que je parle de grands programmes citoyens. Je vais vous prendre un exemple. Comment on peut l’atteindre, ça ? On a repéré un lycée professionnel à Chambéry où vous avez une directrice qui a pris une initiative d’exception. C’est un très grand leader cette femme. Elle récupère des jeunes qui arrivent avec une mauvaise image d’eux-mêmes, parce que dans le système français, lorsque vous arrivez dans un lycée professionnel, c’est qu’on ne vous a pas gardé en filière générale. Elle demande à la totalité de ses élèves, deux fois par an, d’entreprendre des projets d’intérêt général, soit pour les élèves, soit pour l’établissement, soit pour le pays ou la région. Ce qui fait qu’ils sortent en ayant mené 6 à 8 projets à la fin de leur scolarité. Les entrepreneurs locaux préfèrent embaucher les gamins qui sortent de ce lycée. La culture entrepreneuriale dans ce lycée professionnel est stupéfiante. Mais « entrepreneuriale » sur le plan social, sur le plan écologique, le plan économique. Ils savent faire. Ça fait des jeunes qui en plus – c’est ça que j’adore – ça fait des jeunes qui ont confiance en eux. C’est-à-dire que ce n’est pas simplement vertueux, ça fait des jeunes qui ont confiance en eux. Mais donc vous voyez, la question c’est qui le fait. Je ne crois pas au texte. Je crois aux opérateurs.

Thibault LANXADE : Mais vous savez bien que l’Éducation nationale doit jouer un rôle. Il faut informer les professeurs, il faut les former et c’est tout un dispositif qui doit passer aussi par une information préalable auprès du corps enseignant. Et donc ça passe par la loi, par les décrets, par le pouvoir politique.

Alexandre JARDIN : Oui, mais je crois que pour qu’une action politique devienne réelle, il faut quelqu’un qui le fasse. Ça doit être incarné par quelqu’un qui va faire ce boulot-là. Ça ne peut pas être que des histoires de circulaires. Les chaînes de commandement dans l’Éducation nationale ne marchent plus. Je n’ai jamais vu en salle des profs des profs lire des circulaires.

Thibault LANXADE : Concrètement, ça veut dire que l’association 100.000 entrepreneurs qui diffuse de la dynamique entrepreneuriale doit être leader sur ce système ?

Alexandre JARDIN : Oui. Voilà un opérateur génial. Il faut renforce ceux qui savent le faire.

Thibault LANXADE : Et pas l’Éducation nationale ?

Alexandre JARDIN : Si. Mais simplement de manière décentralisée. Si vous pensez que depuis Paris vous allez impulser ça, vous êtes à moitié fou ! C’est pas possible ! Pour une raison simple : si cela avait été possible, on serait au courant ! Donc oui, mais dans une France pilotée par les territoires, parce qu’au niveau des territoires les gens ont le sens de leurs intérêts.

Thibault LANXADE : Il nous reste à peu près une minute. On ne pourra pas faire les 9 mesures !

Alexandre JARDIN : « Faire de l’apprentissage une voie de formation privilégiée pour la création et la reprise d’entreprise ». Oui. Mais comment on remplit nos centre de formation ? On a un tiers de places en France qui sont libres, notamment parce que l’Éducation nationale fait tout pour que les jeunes n’y aillent pas. Eh bien, qui est capable de les remplir ? On a nous une politique, on sait que ça marche, on s’appuie sur l’Agence de l’Éducation par le Sport. C’est 1000 clubs dans les quartiers difficiles en France qui font de l’insertion professionnelle à travers la pratique sportive. Les clubs de rugby, de foot, de boxe ont des entraîneurs qui ont une grande autorité morale sur les jeunes des quartiers. Il se trouve qu’on a mis en place dans le Nord une modélisation. On fait des campagnes de recrutement pour les CFA dans les clubs de sport et les coaches sportifs restent les tuteurs. Ça marche ! Donc derrière votre proposition, je vous demande de faire le boulot ! Qui le fait ?

Thibault LANXADE : Si je comprends bien, vous adhérez aux 9 propositions, en revanche sur la méthode, elle doit être complétement revue ?

Alexandre JARDIN : En s’appuyant sur des gens, pas par le recours à la loi. En fait, arrêtons de raconter des balivernes. Il faut que ça marche. Le pays ne peut plus attendre.

Thibault LANXADE : Ça sera le mot de la fin. Merci beaucoup Alexandre JARDIN.

Retrouvez l’intégralité de l’interview d’Alexandre Jardin enregistrée lors du salon des Entrepreneurs 2017.

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