François Fillon réagit aux propositions du collectif #entreprendre2017

François Fillon, candidat à la Présidentielle 2017, a accepté de réagir aux propositions portées par le collectif #entreprendre2017 à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui s’est tenu les 1er et 2 février 2017 à Paris.

Retranscription de l’interview

Thibault LANXADE : François FILLON bonjour.

François FILLON : Bonjour.

Thibault LANXADE : On ne va pas échanger au titre du MEDEF. Le MEDEF est membre d’un collectif qui regroupe une quinzaine d’associations, de membres, dont Croissance Plus, 100.000 Entrepreneurs, etc et qui sont leaders dans leur écosystème. Nous avons fait 9 mesures sur la dynamique entrepreneuriale. C’est-à-dire sur l’amont, sans jeu de mot : comment on peut susciter l’envie auprès des jeunes. Beaucoup d’entre eux sont là au Salon des entrepreneurs, pour essayer de trouver une voie entrepreneuriale dans leur vie. Ces neuf mesures sont regroupées autour de plusieurs blocs : un bloc sur la simplification, un bloc sur l’éducation mais aussi un sujet sur la cession-transmission d’entreprise. 800.000 entreprises vont être cédées d’ici 10 ans. Il y a eu des lois compliquées, comme la loi Hamon sur la déclaration d’information préalable des salariés, etc. Ces mesures, vous en avez eu connaissance. Quelles sont celles qui ont le plus marqué votre attention ?

François FILLON : D’abord je pense qu’il faut complètement simplifier la transmission d’entreprise. Moi j’ai proposé une 1ère mesure qui vise les entreprises familiales. Je voudrais que toute transmission d’entreprise dans la famille se fasse sans droit de transmission. C’est-à-dire que tous les droits restent suspendus tant que l’entreprise reste dans la famille pour essayer de préserver cette idée qu’il y a une spécificité de l’entreprise familiale, une stabilité de l’entreprise familiale qui doit être encouragée. Deuxièmement, je veux qu’on baisse les droits en ce qui concerne les cessions et les mutations d’entreprise. Et enfin, je veux qu’on soit beaucoup plus souple dans la décision de création et la décision de transformation de l’entreprise. Ça ne peut pas être uniquement une question vue sur le plan social. C’est une question qui doit être aussi traitée à l’aune des évolutions technologiques, des résultats de l’entreprise, etc.

Thibault LANXADE : Votre avis sur la cohésion sociale que doit générer l’entrepreneuriat ? On sait que l’entrepreneuriat dans les quartiers est quelque chose d’important. On sait que les réseaux d’accompagnement est un élément extrêmement fort pour la réussite du projet entrepreneurial. Cette mesure qui permet finalement à un entrepreneur d’être mieux accompagné mais également de pouvoir être allégé au titre de sa 1ère année sur des charges, est-ce que c’est quelque chose que vous pourriez reprendre ?

François FILLON : Bien sûr. C’est une excellente mesure. D’ailleurs, je me souviens qu’il y a 30 ans j’ai créé à Sablé-sur-Sarthe un club d’entrepreneurs. Je pense qu’à l’époque il n’y en avait pas beaucoup en France. On n’avait pas de mesure efficace comme celle que vous venez de présenter. C’était juste du bénévolat d’entrepreneurs. Mais ça a permis à des entrepreneurs d’accompagner des créateurs avec beaucoup de succès. Ma recommandation – et c’est ce que j’essaierai de faire – c’est que ce mouvements d’associations, ces systèmes d’accompagnement des entrepreneurs, viennent des entrepreneurs. Surtout ne vous mettez pas entre les mains des pouvoirs publics ! Ne laissez pas des organismes publics vous faire croire qu’ils savent mieux que vous comment il faut créer une entreprise, comment il faut l’accompagner. Or souvent c’est ce qu’on a fait dans notre pays. On paie des hommes et des femmes qui sont sûrement très intelligents mais qui n’ont jamais créé d’entreprise de leur vie pour conseiller à des entrepreneurs comment faire. Ça donne parfois des résultats étonnants. J’ai une histoire à ce sujet. Il y avait un jour dans la commune de Solesmes une agence matrimoniale qui s’est créée. C’est une commune de 2000 habitants. J’étais un peu surpris. J’ai demandé pourquoi. On m’a demandé qu’il y avait une étude de marché qui avait été faite par la chambre des métiers de la Sarthe. Cette étude de marché avait noté que dans cette commune de Solesmes il y avait énormément de célibataires. Ben oui, il y a deux abbayes ! Voilà.

Thibault LANXADE : Dernière mesure. Vous avez parlé du travailleur indépendant. C’est une nouvelle forme d’activité qui prend de plus en plus de place aujourd’hui, de façon bénéfique, qui est créatrice d’emplois. La mesure que nous proposons, c’est dès 16 ans, la possibilité de devenir finalement créateur d’entreprise à travers l’attribution d’un numéro de SIRET automatique qui serait délivré à ce jeune.

François FILLON : Et bien c’est une mesure que je prends. Moi, je l’avais proposé pour les autoentrepreneurs. Je suis tout à fait prêt à la prolonger. Ça pose peut-être une question : est-ce qu’il y a des droits et des devoirs supplémentaires qu’il faut mettre à l’âge de 16 ans ? A la fois sur le plan pénal, peut-être aussi sur le plan de la capacité de création d’entreprise. Je pense que c’est un débat. Je ne tranche pas parce qu’il n’y a pas de raison de trancher tous les débats pour qu’il y ait aussi un dialogue avec les Français sur ces sujets. Mais je pense que c’est un sujet important. Les jeunes ont un autre niveau de formation, un autre niveau d’information. Ils sont mûrs plus tôt que dans le passé. Ils sont plus vite lâchés dans la vie et donc cette question de leur statut à 16 ans doit être posée.

Thibault LANXADE : François FILLON, je vous remercie.

François FILLON : C’est moi qui vous remercie.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de François Fillon enregistrée lors du salon des Entrepreneurs 2017.

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