Marine Le Pen réagit aux propositions du collectif #entreprendre2017

Marine Le Pen, candidate à la Présidentielle 2017, a accepté de réagir aux propositions portées par le collectif #entreprendre2017 à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui s’est tenu les 1er et 2 février 2017 à Paris.

Retranscription de l’interview

Thibault LANXADE : Marine LE PEN, bonjour.

Marine LE PEN : Bonjour.

Thibault LANXADE : Thibault LANXADE, je suis entrepreneur, vice-président du MEDEF en charge des PME et des TPE. Je vous interpelle aujourd’hui au titre d’un collectif dont le MEDEF fait partie qui est #entreprendre2017 qui a fait 9 mesures sur la dynamique entrepreneuriale et sur l’envie de créer : donner la possibilité à tous les jeunes – et les chiffres sont plutôt encourageants de créer leur entreprise. La majorité des jeunes qui viennent au salon des Entrepreneurs sont dans cette dynamique. Nous avons fait un certain nombre de propositions. On sait que l’entrepreneuriat est un élément important pour l’emploi, pour la croissance et aussi pour la cohésion sociale. Nous avons formulé des propositions permettant cette dynamique. Il y a un volet sur la dynamique entrepreneuriale à l’école, faire en sorte que l’on puisse enseigner le plus tôt possible dans toutes les classes – en y associant les professeurs – l’esprit d’entreprise, la façon dont on peut s’épanouir en créant une entreprise, un volet sur la simplification, notamment sur la cession-transmission – il y a 800.000 entreprises qui vont être cédées d’ici 10 ans : comment faire pour mieux les transmettre, et puis enfin un volet permettant à des jeunes notamment de 16 ans de pouvoir avoir automatiquement un numéro de SIRET pour pouvoir comprendre qu’ils sont en mesure d’entreprendre.

Marine LE PEN : Bon, alors je vais essayer de reprendre ces mesures pour vous répondre, pour peu que je me souvienne de toutes. L’esprit d’entreprise, je ne sais pas si c’est le rôle de l’école, je vous le dit franchement. Le rôle de l’école c’est de transmettre les savoirs, les savoirs qui permettront demain à des jeunes d’avoir les éléments de maîtrise du français, écrit, parlé, de mathématique et d’économie s’ils souhaitent aller jusqu’au bout, qui leur permettent d’être des bons entrepreneurs. On a tellement multiplié les enseignements secondaires à l’école qu’on finit par savoir conduire, avoir appris le code de la route, avoir eu des cours d’hygiène, avoir appris la protection des espèces animales, etc, etc et en réalité ne plus savoir écrire, parler français et calculer.

Thibault LANXADE : Marine LE PEN, en classe de seconde vous avez des matières, comme la science économique et sociale, qui sont enseignées, dans l’université, on peut aussi enseigner l’économie…

Marine LE PEN : Bien sûr, ça existe déjà. On peut d’ailleurs honnêtement, éventuellement, créer cet enseignement un an plus tôt. Mais pas à la petite école, pas durant le moment où on acquiert les savoirs fondamentaux. Ça, en l’occurrence, c’est non. En revanche, il y a une proposition dans le Salon que je trouve absolument excellente : c’est de créer une « entreprise-étude » comme il existe des « sports-études ». Ça, je trouve que c’est extraordinaire. Vous savez que je suis pour la fin du collège unique. Je suis pour la revalorisation du travail manuel. Ce qui exige naturellement d’augmenter le niveau de notre école pour qu’à 14 ans – car je souhaite évidemment aussi que l’apprentissage puisse être abaissé à 14 ans – on maîtrise les savoirs fondamentaux. L’ « entreprise-étude » m’apparaît sur le modèle du « sport-étude » une très bonne solution. C’est quelque chose de très positif.

Thibault LANXADE : Alors ça revient à peu près à cette proposition. Donc vous allez dans ce sens-là.

Marine LE PEN : Alors je suis parfaitement d’accord.

Thibault LANXADE : Si on poursuit sur la cession-transmission qui est un véritable sujet, on sait qu’il y a 800.000 entreprises d’ici 10 ans qui seront à transmettre. Là-dessus, il y a des mesures qu’on propose d’abolir, notamment l’information préalable des salariés qui figurait dans la loi Hamon. Quelles sont vos vues en termes de simplification qui permettent aux entreprises, aux entrepreneurs, de pouvoir s’inscrire dans cette dynamique ?

Marine LE PEN : D’abord nous allons alléger en partie la fiscalité sur la transmission. Deuxièmement, ce que je pense, c’est qu’il faut surtout libérer l’accès au crédit, parce que bien souvent, l’entreprise a du mal à être cédée tout simplement parce que celui qui veut la racheter a un mal fou à pouvoir trouver les fonds pour pouvoir acheter l’entreprise. C’est ça qui m’apparaît en l’occurrence le plus urgent dans cette problématique de la cession qui va être une problématique très importante y compris pour vous d’ailleurs, les syndicats patronaux, puisqu’il y a un nombre très important de patrons, et notamment de petits patrons, qui vont arriver à l’âge de la retraite ou qui ont largement dépassé l’âge de la retraite et qui vont devoir trouver des moyens financiers pour céder leur entreprise, ou plutôt que leur repreneur trouve des moyens financiers pour acquérir leur entreprise. Ça revient à peu près au même.

Thibault LANXADE : La dernière proposition qui permet de transmettre à chaque jeune à 16 ans un numéro de SIRET pour qu’il soit en capacité d’entreprendre ?

Marine LE PEN : Ça a un petit côté gadget ! Mais ça va dans le bon sens. Ça en fait des entrepreneurs potentiels. Mais je voudrais quand même qu’on soit – parce que nous sommes des responsables, les uns et les autres – qu’on ne soit pas non plus aveuglé par exemple par la multiplication des autoentrepreneurs. Il ne faut pas que cette réalité cache une autre réalité derrière, c’est que beaucoup d’autoentrepreneurs s’inscrivent parce qu’en réalité, ce sont des salariés qui n’ont pas d’emploi et qui n’en trouvent pas. Et qui se disent que en tant qu’autoentrepreneurs ils conservent d’abord l’estime d’eux-mêmes et ils démontrent qu’ils veulent s’en sortir par tous les moyens. Mais c’est quand même un constat. Derrière il y a quand même un constat d’échec sur la création d’emplois dans notre pays. En même temps, et juste en quelques mots, les délais de paiement de la part de l’Etat et des collectivités, ça, c’est plus possible qu’il n’y ait pas de respect des délais de paiement. Donc il y aura pour les délais de paiement des pénalités, réellement impératives et automatiques. On ne sera pas obligé d’envoyer David contre Goliath pour réclamer les sanctions qui sont d’ores et déjà connues. Libérer l’accès au crédit pour les petites et les très petites entreprises avec des taux préférentiels sous la supervision de la Banque de France, c’est évidemment très important. Et puis maintenir le dispositif à taux réduit de 15% de l’impôt sur les sociétés des TPE et créer un taux intermédiaire de 24%. Vous voyez, on baisse les charges, on baisse les impôts. Attention, parce que l’allègement des charges, il y a une contrepartie : c’est le maintien de l’emploi. Parce que Whirlpool par exemple qui touche 40 millions d’euros de CICE et qui délocalise, là, c’est pas possible. C’est la condition que nous posons.

Thibault LANXADE : Marine LE PEN, merci.

Marine LE PEN : C’est moi qui vous remercie

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Marine Le Pen enregistrée lors du salon des Entrepreneurs 2017.

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