Nicolas Dupont-Aignan réagit aux propositions du collectif #entreprendre2017

Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la Présidentielle 2017, a accepté de réagir aux propositions portées par le collectif #entreprendre2017 à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui s’est tenu les 1er et 2 février 2017 à Paris.

Retranscription de l’interview

Thibault LANXADE : Nicolas DUPONT-AIGNAN, bonjour.

Nicolas DUPONT-AIGNAN : Bonjour.

Thibault LANXADE : Le MEDEF s’est associé à un collectif, d’une quinzaine d’associations, leaders en France dans l’écosystème entrepreneurial et nous avons voulu travailler sur la dynamique entrepreneurial. Ce qui permet finalement de passer à l’acte et de créer. 9 mesures dont vous avez pris connaissance ont été rédigées. Elles sont là pour favoriser ce terreau. Si vous êtes président de la République, pouvez-vous vous engager à les reprendre ? Quelles sont les mesures qui retiennent le plus votre attention ?

Nicolas DUPONT-AIGNAN : Elles sont très bonnes. Il y en a une que je nuancerais sur la reprise d’activité. Mais dans l’ensemble je les trouve excellentes parce que vous avez raison, il y a l’aspect macro-économique dont j’ai parlé et qui est fondamental, parce que je ne pense pas qu’on puisse créer des entreprises et qu’on puisse avoir l’esprit entrepreneurial dans un pays à l’arrêt. C’est comme la bicyclette. Il faut que ça démarre. C’était la force des 30 Glorieuses en France et on a perdu ça. Et vous avez raison, si on a pas la possibilité de créer, on ne peut rien faire. Et moi, ce qui me désole le plus c’est de voir des jeunes Français partir à Singapour, à Londres ou ailleurs pour créer. Donc je suis d’accord avec l’ensemble. J’aime beaucoup la proposition sur le numéro de SIRET pour chaque jeune de 16 ans.

Thibault LANXADE : On peut peut-être la rappeler. A 16 ans, l’administration envoie un numéro de SIRET et le jeune à 2 ans pour l’activer. S’il ne l’active pas, hé bien elle s’annihile, et s’il l’active, tombe un régime qui est le régime du travailleur indépendant qui lui permet de pouvoir commencer sa dynamique entrepreneuriale.

Nicolas DUPONT-AIGNAN : Je suis très attaché aussi à l’apprentissage. C’est un gâchis incroyable. J’ai visité il n’y a pas très longtemps dans le Lot-et-Garonne des artisans. Les deux tiers de ces chefs d’entreprise étaient passés par l’apprentissage. Sur une centaine de chefs d’entreprise de tous les métiers, concurrencés d’ailleurs par les travailleurs détachés –  c’est pour ça que la directive « travailleur détaché » est fondamentale, les deux tiers avaient été apprentis. Je propose d’ailleurs de changer la fiscalité sur la transmission d’entreprise. C’est vital. On parle de créer des entreprises mais il y en a qui meurent tous les jours car il n’y a pas de successeur. Je veux la passer à 90% d’exonération fiscale, c’est révolutionnaire, comme en Allemagne – plus qu’en Allemagne. Donc il est évident que l’apprentissage est fondamental. Mais pour ça il faudrait qu’on sorte du carcan de l’Éducation nationale pour l’apprentissage, moi je vous parle franchement. Et je propose que les Chambres des métiers, les Chambres de commerce organisent une année à la place de la 3ème de découverte des métiers. Mais au lieu de se faire dans les lycées professionnels, on les ferait dans les Chambres des métiers. Et le jeune qui en 4ème ne sait pas trop ce qu’il fait aurait une année pour découvrir des métiers différents. Parce qu’aujourd’hui on lui demande de s’engager dans une voie. Mais il ne sait pas s’il va être couvreur, charpentier, cuisinier et c’est trop dur pour un jeune. Donc la révolution de l’apprentissage c’est changer les mentalités à l’école. C’est arrêter le monopole des lycées professionnels où on a bureaucratisé l’apprentissage. Les mesures que vous proposez sont excellentes. Pour moi, il faut 1 millions d’apprentis en France. On est à 400.000 et ça a baissé depuis l’arrivée des socialistes. Il faudra demander tout à l’heure à Monsieur MACRON qui se croit si pro-entreprise, comment il a accepté de casser l’apprentissage en France, parce que les impostures, il y en a un peu marre.

Thibault LANXADE : Une mesure qui est de favoriser l’accompagnement des entrepreneurs. On sait qu’aujourd’hui qu’un entrepreneur qui est accompagné par un réseau a 7 fois plus de chances de survie à 5 ans. Est-ce qu’à côté de ça on peut lui donner une baisse de charges.

Nicolas DUPONT-AIGNAN : C’est une excellente mesure. Ce que j’aime bien dans vos mesures – au début je me suis dit lorsque j’ai vu votre papier : « encore plein de mesures, toujours les mêmes » – hé bien ce n’est pas les mêmes. Elles sont très pointues. On parlait des grands équilibres macroéconomiques, mais je pense qu’il faut faire un peu comme les médecins chinois : l’acupuncture. C’est ce que vous faite avec ces mesures. Avec chacune d’entre elles vous touchez le bon nerf. Et ce faisant vous allez irriguer le corps, l’organisme. C’est pourquoi l’accompagnement est très important. J’ai un seul bémol. Plutôt une interrogation. C’est vous qui pouvez y répondre parce que le candidat à la Présidentielle il n’est pas omniscient, il n’a pas réponse à tout. On veut faire du candidat à la Présidentielle un singe savant. Moi je ne suis pas un singe savant. Je veux avoir des principes, du bon sens. Et la question que je vous pose, c’est que j’ai l’impression qu’il y a une quantité de réseaux, de Chambres de métiers, de Chambres de commerce, de collectivités locales, et moi je m’y perds. Je m’y perds dans le maquis des réseaux, je m’y perds des réglementations. En tous cas comme Président de la république je n’ai qu’un objectif : simplifier les réglementations. C’est du délire. On invente des dispositifs qui sont tellement compliqués pour pas les utiliser. Alors un grand ménage dans tous les dispositifs. Et sur les réseaux, la seule chose que je demanderai aux organismes patronaux ou syndicaux, c’est qu’on se mette bien d’accord sur qui fait quoi. Parce que si le chef d’entreprise ou l’apprenti ne sait pas à qui s’adresser, on perd en ligne quantité d’énergie. Et si on veut passer de 400.000 apprentis à 1 million, si on veut accompagner les chefs d’entreprise, il faut quand même simplifier les organisations.

Thibault LANXADE : Ce sera remonté aux membres du collectif. Je vous remercie.

Nicolas DUPONT-AIGNAN : Merci à vous de votre invitation.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Nicolas Dupont-Aignan enregistrée lors du salon des Entrepreneurs 2017.

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