Nicolas Dupont-Aignan réagit aux propositions du collectif #entreprendre2017

Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la Présidentielle 2017, a accepté de réagir aux propositions portées par le collectif #entreprendre2017 à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui s’est tenu les 1er et 2 février 2017 à Paris.

Retranscription de l’interview

Thibault LANXADE : Nicolas DUPONT-AIGNAN, bonjour.

Nicolas DUPONT-AIGNAN : Bonjour.

Thibault LANXADE : Le MEDEF s’est associé à un collectif, d’une quinzaine d’associations, leaders en France dans l’écosystème entrepreneurial et nous avons voulu travailler sur la dynamique entrepreneurial. Ce qui permet finalement de passer à l’acte et de créer. 9 mesures dont vous avez pris connaissance ont été rédigées. Elles sont là pour favoriser ce terreau. Si vous êtes président de la République, pouvez-vous vous engager à les reprendre ? Quelles sont les mesures qui retiennent le plus votre attention ?

Nicolas DUPONT-AIGNAN : Elles sont très bonnes. Il y en a une que je nuancerais sur la reprise d’activité. Mais dans l’ensemble je les trouve excellentes parce que vous avez raison, il y a l’aspect macro-économique dont j’ai parlé et qui est fondamental, parce que je ne pense pas qu’on puisse créer des entreprises et qu’on puisse avoir l’esprit entrepreneurial dans un pays à l’arrêt. C’est comme la bicyclette. Il faut que ça démarre. C’était la force des 30 Glorieuses en France et on a perdu ça. Et vous avez raison, si on a pas la possibilité de créer, on ne peut rien faire. Et moi, ce qui me désole le plus c’est de voir des jeunes Français partir à Singapour, à Londres ou ailleurs pour créer. Donc je suis d’accord avec l’ensemble. J’aime beaucoup la proposition sur le numéro de SIRET pour chaque jeune de 16 ans.

Thibault LANXADE : On peut peut-être la rappeler. A 16 ans, l’administration envoie un numéro de SIRET et le jeune à 2 ans pour l’activer. S’il ne l’active pas, hé bien elle s’annihile, et s’il l’active, tombe un régime qui est le régime du travailleur indépendant qui lui permet de pouvoir commencer sa dynamique entrepreneuriale.

Nicolas DUPONT-AIGNAN : Je suis très attaché aussi à l’apprentissage. C’est un gâchis incroyable. J’ai visité il n’y a pas très longtemps dans le Lot-et-Garonne des artisans. Les deux tiers de ces chefs d’entreprise étaient passés par l’apprentissage. Sur une centaine de chefs d’entreprise de tous les métiers, concurrencés d’ailleurs par les travailleurs détachés –  c’est pour ça que la directive « travailleur détaché » est fondamentale, les deux tiers avaient été apprentis. Je propose d’ailleurs de changer la fiscalité sur la transmission d’entreprise. C’est vital. On parle de créer des entreprises mais il y en a qui meurent tous les jours car il n’y a pas de successeur. Je veux la passer à 90% d’exonération fiscale, c’est révolutionnaire, comme en Allemagne – plus qu’en Allemagne. Donc il est évident que l’apprentissage est fondamental. Mais pour ça il faudrait qu’on sorte du carcan de l’Éducation nationale pour l’apprentissage, moi je vous parle franchement. Et je propose que les Chambres des métiers, les Chambres de commerce organisent une année à la place de la 3ème de découverte des métiers. Mais au lieu de se faire dans les lycées professionnels, on les ferait dans les Chambres des métiers. Et le jeune qui en 4ème ne sait pas trop ce qu’il fait aurait une année pour découvrir des métiers différents. Parce qu’aujourd’hui on lui demande de s’engager dans une voie. Mais il ne sait pas s’il va être couvreur, charpentier, cuisinier et c’est trop dur pour un jeune. Donc la révolution de l’apprentissage c’est changer les mentalités à l’école. C’est arrêter le monopole des lycées professionnels où on a bureaucratisé l’apprentissage. Les mesures que vous proposez sont excellentes. Pour moi, il faut 1 millions d’apprentis en France. On est à 400.000 et ça a baissé depuis l’arrivée des socialistes. Il faudra demander tout à l’heure à Monsieur MACRON qui se croit si pro-entreprise, comment il a accepté de casser l’apprentissage en France, parce que les impostures, il y en a un peu marre.

Thibault LANXADE : Une mesure qui est de favoriser l’accompagnement des entrepreneurs. On sait qu’aujourd’hui qu’un entrepreneur qui est accompagné par un réseau a 7 fois plus de chances de survie à 5 ans. Est-ce qu’à côté de ça on peut lui donner une baisse de charges.

Nicolas DUPONT-AIGNAN : C’est une excellente mesure. Ce que j’aime bien dans vos mesures – au début je me suis dit lorsque j’ai vu votre papier : « encore plein de mesures, toujours les mêmes » – hé bien ce n’est pas les mêmes. Elles sont très pointues. On parlait des grands équilibres macroéconomiques, mais je pense qu’il faut faire un peu comme les médecins chinois : l’acupuncture. C’est ce que vous faite avec ces mesures. Avec chacune d’entre elles vous touchez le bon nerf. Et ce faisant vous allez irriguer le corps, l’organisme. C’est pourquoi l’accompagnement est très important. J’ai un seul bémol. Plutôt une interrogation. C’est vous qui pouvez y répondre parce que le candidat à la Présidentielle il n’est pas omniscient, il n’a pas réponse à tout. On veut faire du candidat à la Présidentielle un singe savant. Moi je ne suis pas un singe savant. Je veux avoir des principes, du bon sens. Et la question que je vous pose, c’est que j’ai l’impression qu’il y a une quantité de réseaux, de Chambres de métiers, de Chambres de commerce, de collectivités locales, et moi je m’y perds. Je m’y perds dans le maquis des réseaux, je m’y perds des réglementations. En tous cas comme Président de la république je n’ai qu’un objectif : simplifier les réglementations. C’est du délire. On invente des dispositifs qui sont tellement compliqués pour pas les utiliser. Alors un grand ménage dans tous les dispositifs. Et sur les réseaux, la seule chose que je demanderai aux organismes patronaux ou syndicaux, c’est qu’on se mette bien d’accord sur qui fait quoi. Parce que si le chef d’entreprise ou l’apprenti ne sait pas à qui s’adresser, on perd en ligne quantité d’énergie. Et si on veut passer de 400.000 apprentis à 1 million, si on veut accompagner les chefs d’entreprise, il faut quand même simplifier les organisations.

Thibault LANXADE : Ce sera remonté aux membres du collectif. Je vous remercie.

Nicolas DUPONT-AIGNAN : Merci à vous de votre invitation.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Nicolas Dupont-Aignan enregistrée lors du salon des Entrepreneurs 2017.

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Jacques Cheminade réagit aux propositions du collectif #entreprendre2017

Jacques Cheminade, candidat à la Présidentielle 2017, a accepté de réagir aux propositions portées par le collectif #entreprendre2017 à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui s’est tenu les 1er et 2 février 2017 à Paris.

Retranscription de l’interview

Thibault LANXADE : Jacques CHEMINADE, bonjour. Je suis Thibault LANXADE, entrepreneur, vice-président du MEDEF en charge des TPE et des PME. Le MEDEF est membre d’un collectif, #entreprendre2017, qui a fait 9 propositions pour encourager la dynamique entrepreneuriale. La dynamique entrepreneuriale, c’est de la cohésion sociale, c’est de l’emploi, c’est de la croissance. Parmi ces 9 mesures dont vous avez pris connaissance, avez-vous envie de toutes les récupérer ? Quelles sont celles qui ont retenu votre attention ?

Jacques CHEMINADE : Je pense que l’accompagnement pour les entrepreneurs entre la 1ère année et la 5ème année est fondamental parce qu’il y a un taux de faillite d’à peu près 25% entre l’année 1 et l’année 2. Puis entre l’année 2 et l’année 5, c’est encore 25%. Donc un total de 50%. Il faut donc les mesures d’accompagnement que vous préconisez. Elles me semblent très importantes. Pour parler d’une autre mesure, j’irai encore plus loin que vous : je suis pour que l’on fasse des lycées polyvalents comprenant à la fois les filières générales, les filières techniques et les filières professionnelles et qu’on donne aux jeunes – c’est ce que vous dites – le goût de mettre la main à la pâte. Pierre-Gilles de Gennes avait parlé de « main à la pâte », c’est dans notre tradition ce que Marie Curie et Pierre Curie et Paul Langevin avaient prévu. Il faut revenir à cette tradition-là où l’entreprise est liée avec la découverte, la connaissance. C’est ce que font les startups mais étendu à l’économie physique. On a laissé partir notre industrie, c’est un désastre depuis 30 ou 40 ans.

Thibault LANXADE : Il y a une mesure sur la cession-transmission d’entreprise – on sait qu’il y a à peu près 800.000 entreprises qui seront cédées ou reprises dans les 10 prochaines années – qui permet de simplifier et de revenir sur un dispositif de la loi Hamon qui est le droit d’information préalable des salariés avant de vendre une entreprise, est-ce que c’est quelque chose qui retient votre attention ?

Jacques CHEMINADE : Oui. Je pense qu’il faut taxer fortement l’héritage. L’héritage ne constitue pas pour moi un droit éternel mais avec une exception qui est l’entreprise où là il s’agit de gestion. Il ne s’agit pas d’un héritage d’argent, il s’agit d’un héritage de mission. Et cet héritage de mission doit être préservé.

Thibault LANXADE : 9ème proposition, c’est d’attribuer dès l’âge de 16 ans à chaque Français un numéro de SIRET qui peut lui permettre de prendre conscience qu’il peut devenir entrepreneur. Vous pensez que ça va dans le bon sens ?

Jacques CHEMINADE : Je suis pour qu’on le donne ce numéro de SIRET, comme vous le préconisez, mais en même temps aussi le droit de vote et l’inscription automatique sur les listes électorales. Aujourd’hui à 16 ans, on n’a pas 16 ans comme il y a 100 ans. Avoir 16 ans, c’est une responsabilité qui doit être donnée à ces jeunes pour intervenir dans la vie de la Cité. Et je pense qu’il y a un désir très grand chez eux de le faire, plus grand que ceux qui ont hérité des facilités d’après 68. Et eux sont maintenant dans les difficultés d’après 1990.

Thibault LANXADE : Jacques CHEMINADE, je vous remercie.

Jacques CHEMINADE : Merci beaucoup.

François Fillon réagit aux propositions du collectif #entreprendre2017

François Fillon, candidat à la Présidentielle 2017, a accepté de réagir aux propositions portées par le collectif #entreprendre2017 à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui s’est tenu les 1er et 2 février 2017 à Paris.

Retranscription de l’interview

Thibault LANXADE : François FILLON bonjour.

François FILLON : Bonjour.

Thibault LANXADE : On ne va pas échanger au titre du MEDEF. Le MEDEF est membre d’un collectif qui regroupe une quinzaine d’associations, de membres, dont Croissance Plus, 100.000 Entrepreneurs, etc et qui sont leaders dans leur écosystème. Nous avons fait 9 mesures sur la dynamique entrepreneuriale. C’est-à-dire sur l’amont, sans jeu de mot : comment on peut susciter l’envie auprès des jeunes. Beaucoup d’entre eux sont là au Salon des entrepreneurs, pour essayer de trouver une voie entrepreneuriale dans leur vie. Ces neuf mesures sont regroupées autour de plusieurs blocs : un bloc sur la simplification, un bloc sur l’éducation mais aussi un sujet sur la cession-transmission d’entreprise. 800.000 entreprises vont être cédées d’ici 10 ans. Il y a eu des lois compliquées, comme la loi Hamon sur la déclaration d’information préalable des salariés, etc. Ces mesures, vous en avez eu connaissance. Quelles sont celles qui ont le plus marqué votre attention ?

François FILLON : D’abord je pense qu’il faut complètement simplifier la transmission d’entreprise. Moi j’ai proposé une 1ère mesure qui vise les entreprises familiales. Je voudrais que toute transmission d’entreprise dans la famille se fasse sans droit de transmission. C’est-à-dire que tous les droits restent suspendus tant que l’entreprise reste dans la famille pour essayer de préserver cette idée qu’il y a une spécificité de l’entreprise familiale, une stabilité de l’entreprise familiale qui doit être encouragée. Deuxièmement, je veux qu’on baisse les droits en ce qui concerne les cessions et les mutations d’entreprise. Et enfin, je veux qu’on soit beaucoup plus souple dans la décision de création et la décision de transformation de l’entreprise. Ça ne peut pas être uniquement une question vue sur le plan social. C’est une question qui doit être aussi traitée à l’aune des évolutions technologiques, des résultats de l’entreprise, etc.

Thibault LANXADE : Votre avis sur la cohésion sociale que doit générer l’entrepreneuriat ? On sait que l’entrepreneuriat dans les quartiers est quelque chose d’important. On sait que les réseaux d’accompagnement est un élément extrêmement fort pour la réussite du projet entrepreneurial. Cette mesure qui permet finalement à un entrepreneur d’être mieux accompagné mais également de pouvoir être allégé au titre de sa 1ère année sur des charges, est-ce que c’est quelque chose que vous pourriez reprendre ?

François FILLON : Bien sûr. C’est une excellente mesure. D’ailleurs, je me souviens qu’il y a 30 ans j’ai créé à Sablé-sur-Sarthe un club d’entrepreneurs. Je pense qu’à l’époque il n’y en avait pas beaucoup en France. On n’avait pas de mesure efficace comme celle que vous venez de présenter. C’était juste du bénévolat d’entrepreneurs. Mais ça a permis à des entrepreneurs d’accompagner des créateurs avec beaucoup de succès. Ma recommandation – et c’est ce que j’essaierai de faire – c’est que ce mouvements d’associations, ces systèmes d’accompagnement des entrepreneurs, viennent des entrepreneurs. Surtout ne vous mettez pas entre les mains des pouvoirs publics ! Ne laissez pas des organismes publics vous faire croire qu’ils savent mieux que vous comment il faut créer une entreprise, comment il faut l’accompagner. Or souvent c’est ce qu’on a fait dans notre pays. On paie des hommes et des femmes qui sont sûrement très intelligents mais qui n’ont jamais créé d’entreprise de leur vie pour conseiller à des entrepreneurs comment faire. Ça donne parfois des résultats étonnants. J’ai une histoire à ce sujet. Il y avait un jour dans la commune de Solesmes une agence matrimoniale qui s’est créée. C’est une commune de 2000 habitants. J’étais un peu surpris. J’ai demandé pourquoi. On m’a demandé qu’il y avait une étude de marché qui avait été faite par la chambre des métiers de la Sarthe. Cette étude de marché avait noté que dans cette commune de Solesmes il y avait énormément de célibataires. Ben oui, il y a deux abbayes ! Voilà.

Thibault LANXADE : Dernière mesure. Vous avez parlé du travailleur indépendant. C’est une nouvelle forme d’activité qui prend de plus en plus de place aujourd’hui, de façon bénéfique, qui est créatrice d’emplois. La mesure que nous proposons, c’est dès 16 ans, la possibilité de devenir finalement créateur d’entreprise à travers l’attribution d’un numéro de SIRET automatique qui serait délivré à ce jeune.

François FILLON : Et bien c’est une mesure que je prends. Moi, je l’avais proposé pour les autoentrepreneurs. Je suis tout à fait prêt à la prolonger. Ça pose peut-être une question : est-ce qu’il y a des droits et des devoirs supplémentaires qu’il faut mettre à l’âge de 16 ans ? A la fois sur le plan pénal, peut-être aussi sur le plan de la capacité de création d’entreprise. Je pense que c’est un débat. Je ne tranche pas parce qu’il n’y a pas de raison de trancher tous les débats pour qu’il y ait aussi un dialogue avec les Français sur ces sujets. Mais je pense que c’est un sujet important. Les jeunes ont un autre niveau de formation, un autre niveau d’information. Ils sont mûrs plus tôt que dans le passé. Ils sont plus vite lâchés dans la vie et donc cette question de leur statut à 16 ans doit être posée.

Thibault LANXADE : François FILLON, je vous remercie.

François FILLON : C’est moi qui vous remercie.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de François Fillon enregistrée lors du salon des Entrepreneurs 2017.

Marine Le Pen réagit aux propositions du collectif #entreprendre2017

Marine Le Pen, candidate à la Présidentielle 2017, a accepté de réagir aux propositions portées par le collectif #entreprendre2017 à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui s’est tenu les 1er et 2 février 2017 à Paris.

Retranscription de l’interview

Thibault LANXADE : Marine LE PEN, bonjour.

Marine LE PEN : Bonjour.

Thibault LANXADE : Thibault LANXADE, je suis entrepreneur, vice-président du MEDEF en charge des PME et des TPE. Je vous interpelle aujourd’hui au titre d’un collectif dont le MEDEF fait partie qui est #entreprendre2017 qui a fait 9 mesures sur la dynamique entrepreneuriale et sur l’envie de créer : donner la possibilité à tous les jeunes – et les chiffres sont plutôt encourageants de créer leur entreprise. La majorité des jeunes qui viennent au salon des Entrepreneurs sont dans cette dynamique. Nous avons fait un certain nombre de propositions. On sait que l’entrepreneuriat est un élément important pour l’emploi, pour la croissance et aussi pour la cohésion sociale. Nous avons formulé des propositions permettant cette dynamique. Il y a un volet sur la dynamique entrepreneuriale à l’école, faire en sorte que l’on puisse enseigner le plus tôt possible dans toutes les classes – en y associant les professeurs – l’esprit d’entreprise, la façon dont on peut s’épanouir en créant une entreprise, un volet sur la simplification, notamment sur la cession-transmission – il y a 800.000 entreprises qui vont être cédées d’ici 10 ans : comment faire pour mieux les transmettre, et puis enfin un volet permettant à des jeunes notamment de 16 ans de pouvoir avoir automatiquement un numéro de SIRET pour pouvoir comprendre qu’ils sont en mesure d’entreprendre.

Marine LE PEN : Bon, alors je vais essayer de reprendre ces mesures pour vous répondre, pour peu que je me souvienne de toutes. L’esprit d’entreprise, je ne sais pas si c’est le rôle de l’école, je vous le dit franchement. Le rôle de l’école c’est de transmettre les savoirs, les savoirs qui permettront demain à des jeunes d’avoir les éléments de maîtrise du français, écrit, parlé, de mathématique et d’économie s’ils souhaitent aller jusqu’au bout, qui leur permettent d’être des bons entrepreneurs. On a tellement multiplié les enseignements secondaires à l’école qu’on finit par savoir conduire, avoir appris le code de la route, avoir eu des cours d’hygiène, avoir appris la protection des espèces animales, etc, etc et en réalité ne plus savoir écrire, parler français et calculer.

Thibault LANXADE : Marine LE PEN, en classe de seconde vous avez des matières, comme la science économique et sociale, qui sont enseignées, dans l’université, on peut aussi enseigner l’économie…

Marine LE PEN : Bien sûr, ça existe déjà. On peut d’ailleurs honnêtement, éventuellement, créer cet enseignement un an plus tôt. Mais pas à la petite école, pas durant le moment où on acquiert les savoirs fondamentaux. Ça, en l’occurrence, c’est non. En revanche, il y a une proposition dans le Salon que je trouve absolument excellente : c’est de créer une « entreprise-étude » comme il existe des « sports-études ». Ça, je trouve que c’est extraordinaire. Vous savez que je suis pour la fin du collège unique. Je suis pour la revalorisation du travail manuel. Ce qui exige naturellement d’augmenter le niveau de notre école pour qu’à 14 ans – car je souhaite évidemment aussi que l’apprentissage puisse être abaissé à 14 ans – on maîtrise les savoirs fondamentaux. L’ « entreprise-étude » m’apparaît sur le modèle du « sport-étude » une très bonne solution. C’est quelque chose de très positif.

Thibault LANXADE : Alors ça revient à peu près à cette proposition. Donc vous allez dans ce sens-là.

Marine LE PEN : Alors je suis parfaitement d’accord.

Thibault LANXADE : Si on poursuit sur la cession-transmission qui est un véritable sujet, on sait qu’il y a 800.000 entreprises d’ici 10 ans qui seront à transmettre. Là-dessus, il y a des mesures qu’on propose d’abolir, notamment l’information préalable des salariés qui figurait dans la loi Hamon. Quelles sont vos vues en termes de simplification qui permettent aux entreprises, aux entrepreneurs, de pouvoir s’inscrire dans cette dynamique ?

Marine LE PEN : D’abord nous allons alléger en partie la fiscalité sur la transmission. Deuxièmement, ce que je pense, c’est qu’il faut surtout libérer l’accès au crédit, parce que bien souvent, l’entreprise a du mal à être cédée tout simplement parce que celui qui veut la racheter a un mal fou à pouvoir trouver les fonds pour pouvoir acheter l’entreprise. C’est ça qui m’apparaît en l’occurrence le plus urgent dans cette problématique de la cession qui va être une problématique très importante y compris pour vous d’ailleurs, les syndicats patronaux, puisqu’il y a un nombre très important de patrons, et notamment de petits patrons, qui vont arriver à l’âge de la retraite ou qui ont largement dépassé l’âge de la retraite et qui vont devoir trouver des moyens financiers pour céder leur entreprise, ou plutôt que leur repreneur trouve des moyens financiers pour acquérir leur entreprise. Ça revient à peu près au même.

Thibault LANXADE : La dernière proposition qui permet de transmettre à chaque jeune à 16 ans un numéro de SIRET pour qu’il soit en capacité d’entreprendre ?

Marine LE PEN : Ça a un petit côté gadget ! Mais ça va dans le bon sens. Ça en fait des entrepreneurs potentiels. Mais je voudrais quand même qu’on soit – parce que nous sommes des responsables, les uns et les autres – qu’on ne soit pas non plus aveuglé par exemple par la multiplication des autoentrepreneurs. Il ne faut pas que cette réalité cache une autre réalité derrière, c’est que beaucoup d’autoentrepreneurs s’inscrivent parce qu’en réalité, ce sont des salariés qui n’ont pas d’emploi et qui n’en trouvent pas. Et qui se disent que en tant qu’autoentrepreneurs ils conservent d’abord l’estime d’eux-mêmes et ils démontrent qu’ils veulent s’en sortir par tous les moyens. Mais c’est quand même un constat. Derrière il y a quand même un constat d’échec sur la création d’emplois dans notre pays. En même temps, et juste en quelques mots, les délais de paiement de la part de l’Etat et des collectivités, ça, c’est plus possible qu’il n’y ait pas de respect des délais de paiement. Donc il y aura pour les délais de paiement des pénalités, réellement impératives et automatiques. On ne sera pas obligé d’envoyer David contre Goliath pour réclamer les sanctions qui sont d’ores et déjà connues. Libérer l’accès au crédit pour les petites et les très petites entreprises avec des taux préférentiels sous la supervision de la Banque de France, c’est évidemment très important. Et puis maintenir le dispositif à taux réduit de 15% de l’impôt sur les sociétés des TPE et créer un taux intermédiaire de 24%. Vous voyez, on baisse les charges, on baisse les impôts. Attention, parce que l’allègement des charges, il y a une contrepartie : c’est le maintien de l’emploi. Parce que Whirlpool par exemple qui touche 40 millions d’euros de CICE et qui délocalise, là, c’est pas possible. C’est la condition que nous posons.

Thibault LANXADE : Marine LE PEN, merci.

Marine LE PEN : C’est moi qui vous remercie

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Marine Le Pen enregistrée lors du salon des Entrepreneurs 2017.

Alexandre Jardin réagit aux propositions du collectif #entreprendre2017

Alexandre Jardin, candidat à la Présidentielle 2017, a accepté de réagir aux propositions portées par le collectif #entreprendre2017 à l’occasion du Salon des Entrepreneurs qui s’est tenu les 1er et 2 février 2017 à Paris.

Retranscription de l’interview

Thibault LANXADE : Alexandre JARDIN, bonjour. Je suis Thibault LANXADE, vice-président du MEDEF en charge des TPE et des PME. Le MEDEF s’est associé à un collectif, le collectif #entreprendre 2017 qui a porté 9 mesures sur la dynamique entrepreneuriale. La dynamique entrepreneuriale c’est la cohésion sociale, c’est la croissance et c’est bien évidemment l’emploi. L’idée, c’est de vous entendre sur ces 9 mesures et de voir celles qui retiennent votre attention et surtout de savoir si vous les intégrez toutes.

Alexandre JARDIN :  On va les prendre dans l’ordre. Lorsque vous dîtes « Proposition n°1 : donner tout au long de son cursus à chaque élève, étudiant, apprenti ou enseignant une éducation à la démarche entrepreneuriale et expérimentale », c’est du minimum. C’est juste du minimum. Sauf que…

Thibault LANXADE : C’est pas fait aujourd’hui !

Alexandre JARDIN : Et pourquoi c’est pas fait aujourd’hui ? Notamment, je conteste votre méthode. Parce qu’à la fin, vous dites « Détail du dispositif », vous proposez un texte de loi. Je ne crois pas que les textes de loi fabriquent de l’énergie. D’abord en France il faut 3 ans entre le début d’une discussion devant l’Assemblée nationale et la sortie d’un décret. Donc, je ne veux pas attendre 3 ans. Pour moi la grande question, c’est comment on peut l’atteindre ? C’est pour cela que je parle de grands programmes citoyens. Je vais vous prendre un exemple. Comment on peut l’atteindre, ça ? On a repéré un lycée professionnel à Chambéry où vous avez une directrice qui a pris une initiative d’exception. C’est un très grand leader cette femme. Elle récupère des jeunes qui arrivent avec une mauvaise image d’eux-mêmes, parce que dans le système français, lorsque vous arrivez dans un lycée professionnel, c’est qu’on ne vous a pas gardé en filière générale. Elle demande à la totalité de ses élèves, deux fois par an, d’entreprendre des projets d’intérêt général, soit pour les élèves, soit pour l’établissement, soit pour le pays ou la région. Ce qui fait qu’ils sortent en ayant mené 6 à 8 projets à la fin de leur scolarité. Les entrepreneurs locaux préfèrent embaucher les gamins qui sortent de ce lycée. La culture entrepreneuriale dans ce lycée professionnel est stupéfiante. Mais « entrepreneuriale » sur le plan social, sur le plan écologique, le plan économique. Ils savent faire. Ça fait des jeunes qui en plus – c’est ça que j’adore – ça fait des jeunes qui ont confiance en eux. C’est-à-dire que ce n’est pas simplement vertueux, ça fait des jeunes qui ont confiance en eux. Mais donc vous voyez, la question c’est qui le fait. Je ne crois pas au texte. Je crois aux opérateurs.

Thibault LANXADE : Mais vous savez bien que l’Éducation nationale doit jouer un rôle. Il faut informer les professeurs, il faut les former et c’est tout un dispositif qui doit passer aussi par une information préalable auprès du corps enseignant. Et donc ça passe par la loi, par les décrets, par le pouvoir politique.

Alexandre JARDIN : Oui, mais je crois que pour qu’une action politique devienne réelle, il faut quelqu’un qui le fasse. Ça doit être incarné par quelqu’un qui va faire ce boulot-là. Ça ne peut pas être que des histoires de circulaires. Les chaînes de commandement dans l’Éducation nationale ne marchent plus. Je n’ai jamais vu en salle des profs des profs lire des circulaires.

Thibault LANXADE : Concrètement, ça veut dire que l’association 100.000 entrepreneurs qui diffuse de la dynamique entrepreneuriale doit être leader sur ce système ?

Alexandre JARDIN : Oui. Voilà un opérateur génial. Il faut renforce ceux qui savent le faire.

Thibault LANXADE : Et pas l’Éducation nationale ?

Alexandre JARDIN : Si. Mais simplement de manière décentralisée. Si vous pensez que depuis Paris vous allez impulser ça, vous êtes à moitié fou ! C’est pas possible ! Pour une raison simple : si cela avait été possible, on serait au courant ! Donc oui, mais dans une France pilotée par les territoires, parce qu’au niveau des territoires les gens ont le sens de leurs intérêts.

Thibault LANXADE : Il nous reste à peu près une minute. On ne pourra pas faire les 9 mesures !

Alexandre JARDIN : « Faire de l’apprentissage une voie de formation privilégiée pour la création et la reprise d’entreprise ». Oui. Mais comment on remplit nos centre de formation ? On a un tiers de places en France qui sont libres, notamment parce que l’Éducation nationale fait tout pour que les jeunes n’y aillent pas. Eh bien, qui est capable de les remplir ? On a nous une politique, on sait que ça marche, on s’appuie sur l’Agence de l’Éducation par le Sport. C’est 1000 clubs dans les quartiers difficiles en France qui font de l’insertion professionnelle à travers la pratique sportive. Les clubs de rugby, de foot, de boxe ont des entraîneurs qui ont une grande autorité morale sur les jeunes des quartiers. Il se trouve qu’on a mis en place dans le Nord une modélisation. On fait des campagnes de recrutement pour les CFA dans les clubs de sport et les coaches sportifs restent les tuteurs. Ça marche ! Donc derrière votre proposition, je vous demande de faire le boulot ! Qui le fait ?

Thibault LANXADE : Si je comprends bien, vous adhérez aux 9 propositions, en revanche sur la méthode, elle doit être complétement revue ?

Alexandre JARDIN : En s’appuyant sur des gens, pas par le recours à la loi. En fait, arrêtons de raconter des balivernes. Il faut que ça marche. Le pays ne peut plus attendre.

Thibault LANXADE : Ça sera le mot de la fin. Merci beaucoup Alexandre JARDIN.

Retrouvez l’intégralité de l’interview d’Alexandre Jardin enregistrée lors du salon des Entrepreneurs 2017.